La semaine passée avait lieu à Lisbonne le congrès annuel Marketing Focus, organisé par Baptie & C°. Cet événement rassemble "les professionnels du marketing des secteurs informatique et télécommunications en Europe" et ne comptait pas moins de 40 conférences réparties sur deux jours.
Au coeur de la plupart des conférences cette année : le web 2.0, pourquoi, comment et combien ?
Pour beaucoup des participants, hélas, le 2.0 c'est d'abord et surtout la formule magique pour "faire plus avec moins" selon la formule consacrée - autrement dit pour réduire encore des budgets marketing déjà passés et repassés à la paille de fer. Pourquoi se fatiguer à produire un contenu adapté - et multilingue, en plus, ces demeurés d'européens continuant à s'accrocher à leur langue maternelle - si les clients peuvent le faire à notre place, et pour pas un dollar, en plus ?
La plupart des orateurs avaient, eux, integré la nécessité d'instaurer un vrai dialogue avec leurs clients, et compris que le 2.0 agissait comme un catalyseur de l'ensemble de leurs efforts publi-promotionnels. C'est ainsi qu'on a pu écouter Richard Robinson de Google, Michael Buck de Dell, Angela Denton-Thomson d'IBM ou Luciana Broggi de HP nous expliquer comment la prise en compte du mouvement 2.0 avait changé leur relation avec clients et revendeurs. Tous appuyaient leur démarche sur la production de contenus adaptés. Tous s'essayaient à déterminer les générateurs de bouche à oreille (WOM!) parmi leurs clients et partenaires.
Si l'on parle de grand public, il est bon de se souvenir que les râleurs ont une fâcheuse tendance à s'exprimer bien plus que les clients satisfaits… Il est indispensable de leur répondre, mais aussi d'équilibrer la conversation en ouvrant des thématiques plus positives.
Dans le domaine B2B, et plus encore lorsque l'on s'adresse aux PME, on ne doit pas s'attendre à ce que les clients apportent d'eux-mêmes de l'eau à la discussion : c'est aux vendors d'apporter du contenu, de lancer les réflexions, bref d'animer la discussion par leurs contributions incessantes. La règle d'or du 1 -10 -100 : 1% de contributeurs, 10% de commentateurs pour 100% de lecteurs y est toujours respectée. Ne pas la connaître c'est s'exposer à des déconvenues… que l'on pourra toujours essayer de nier en prétendant que "le 2.0 ça ne marche pas" ?
Pour conclure : un bon cru Baptie pour ce qui était du contenu des conférences. Un bémol cependant : ce n'est pas avec 90 congressistes payants (les 40 autres étant des représentants des sponsors, l'équipe Baptie et les speakers eux-mêmes), que l'organisateur va attirer de nouveaux sponsors et développer son business, ou est-ce que je me trompe ?

c'est vrai que si ce congres s'est déroulé dans le tram il ne devait pas y avoir grand monde…
Rédigé par : Bob | 19 juin 2008 à 10:21