Du 3 au 7 avril dernier, la sublime verrière du Grand Palais a accueilli la 10ème édition de la foire d'art moderne et contemporain, artParis .
En haut des marches du Grand Palais, la gigantesque tortue de l'artiste Jan Fabre invitait à entrer, promettant de belles découvertes parmi les 115 galeries françaises et internationales exposantes. Au sein même de la foire, les artistes émergeants de l'art contemporains du Moyen-Orient étaient réunis pour une exposition, "Traversées", afin de mettre en avant les récentes relations entre artParis et le moyen-orient, Abudhabi plus précisément.
Des influences internationales
En ce qui me concerne, j'ai passé un moment très intéressant et agréable aussi bien visuellement que culturellement. Cette foire a été l'occasion de découvrir des artistes contemporains internationaux.
Une véritable rencontre avec des artistes contemporains chinois, chez
qui j'ai apprécié aussi bien les réalisations artistiques que les
thèmes abordés et décriés, s'est produite. L'artiste Wang Guangyi dénonce le communisme et le prolétariat au même titre que la société de consommation dans une de ses toiles qui représente un groupe de militants sous l'égide de grandes marques de luxe françaises comme Chanel, Dior ... Le groupe Luo brothers critique également la surconsommation en mettant en scène côte à côte des symboles chinois traditionnels voire kitch avec des hamburgers ou des logos tels que Coca-Cola. Liu Ming et ses mondes parfaits très colorés m'ont aussi beaucoup plu.
Coup de coeur ! Une autre galerie parisienne exposait un artiste chinois au style complètement diffèrent, Huang Yan. Il réussit à mélanger peinture, photographie et body art dans ses oeuvres pour un résultat d'une beauté incroyable. Ce sont des photos de grands formats de visages asiatiques peints de motifs floraux. Un mélange de force et de douceur.
Clin d'oeil ! Chen Wenling avec ses immenses sculptures en bronze, des géants hurlant peints en rouge ont fait partie des choses que j'ai vues, qui m'ont marqué et que j'ai retenu sans savoir si j'ai été amusée, surprise.
Toujours concernant la scène internationale, j'ai découvert un groupe d'artistes russes, AES+F. Leur travail est très violent mais vraiment intéressant. Ces artistes dénoncent les guerres et leurs ravages au travers de photographies mettant en scènes des enfants armés, dans une atmosphère pacifique !! La pureté des enfants et le calme de la scène tranchent violemment avec les armes et mènent à une réflexion que trop de dureté n'aurait certainement pas provoquée.
La figuration narrative
Après avoir été happé par la violence ou l'importance des thèmes dénoncés, d'autres rencontres artistiques m'attendaient, dans un autre style avec des émotions différentes.
Comme je me baladais sans plan et sans idées précises, ce fût un immense plaisir de tomber sur les oeuvres de Jacques Monory, l'un de mes peintres favoris. Une série de peintures réalisées sur le thème du polar des années 50/60, avec tous les détails (voiture, chapeau, cigares, pin-up ...) qui m'ont fait fantasmer sur la sexy attitude de ces années, étaient exposées. La série de toiles était dans des dominantes de rose fuschia et de bleu, ce bleu Monory, sublime.
La figuration narrative était également présente au salon à travers les oeuvres de Erro. Critique envers la surconsommation américaine, il a réalisé tout récemment une cinquantaine de toiles ou se mêle, dans un univers pop, de grands personnages ou symboles "made in USA" comme Mickey et ses amis, des héros de bandes dessinées, des logos publicitaires ultra connus ... Ses toiles de petits formats et très colorées donnaient le tournis comme un trop plein de couleurs et d'informations. Toutes ces oeuvres font appel à mes références et m'apparaissent plus faciles d'accès donc plus apaisantes à regarder.
Influence des nouvelles technologies
Certainement influencé par le développement des nouvelles technos dans la vie quotidienne, j'ai trouvé que les artistes contemporains intégraient beaucoup de nouveaux supports comme la vidéo ou la photo dans leurs créations. Drôles de rencontres ...
Accompagnée de mon petit garçon de 3 ans (précision : les allées sont larges et les enfants peuvent courir !! ) nous nous retrouvons sur le stand d'une galerie "avant-gardiste" en ce qui nous concerne. La galeriste lui propose de la suivre pour lui montrer quelque chose qui va lui plaire, promet-elle : la poupée qui parle ...
Surprenant, déroutant ! Derrière un rideau, nous découvrons une projection vidéo d'un visage de poupée qui parle sur une forme ovale. Une bande sonore diffuse des propos hautement philosophiques ou du moins conceptuels mais en tout cas assez compliqués, pour un enfant de 3 ans, bien entendu :-))) Intéressant, captivant et fourmillement de questions sur le devenir de telles compositions !!
Une large place était faite cette année à la photographie. J'ai peu de référence dans ce domaine, mais j'ai été marqué, entre autres, par "Le Radeau des Illusions" du photographe Gérard Rancinan. Incroyable et déroutant ! Il reprend "Le Radeau de La Méduse", le tableau très connu de Géricault que l'on peut admirer au Louvre. La version de Rancinan est beaucoup plus contemporaine et plus imagée. Les personnages représentés sont des immigrés habillés de copies de grandes marques. Ils sont, comme dans "l'original", sur un radeau délabré avec à l'horizon leur rêve qui s'écroule (la tour Eiffel, Hollywood ...). Rancinan a souhaité mettre l'accent sur les problèmes rencontrés par les immigrants qui rêvent d'atteindre une société de consommation superficielle ou ils n'ont pas leur place.
J'aurai pu vous parler d'autres artistes, dont Jacques Bosser, d'autres oeuvres également ... Un conseil, ne manquez pas le rdv du printemps prochain.


par sylvie
Rédigé par : anna | 06 mai 2008 à 17:00
par sylvie
Rédigé par : anna | 06 mai 2008 à 17:00