L'année dernière, la special guest star du Web 3 fut sans conteste Shimon Peres. Il était venu nous expliquer comment les nouvelles technologies pouvaient faire avancer le monde et pourquoi utiliser internet était bon pour la liberté d'expression et la circulation de l'information.
Ce fut une extraordinaire expérience que d'entendre le prix Nobel de la paix s'exprimer ainsi face à ce qui se fait de mieux en terme d'acteurs de l'Internet. Cette année, la guest star fut pour moi Hans Roslings.
Pas de prix Nobel pour ce médecin-chercheur, co-fondateur de Médecins sans frontières en Suède. Mais une infatigable volonté d'expliquer et de faire tomber les mythes.
Son credo est le suivant : c'est en racontant de belles histoires que l'on peut faire avancer le monde. Et une de ces batailles permanentes est de faire tomber tous les préjugés que le monde "civilisé" peut encore avoir à l'égard des pays en voie de développement.
J'avais déjà eu l'occasion de voir sa démonstration en vidéo sur TED. Si j'ai bonne mémoire, il a depuis vendu à Google le logiciel de présentation de données qu'il avait mis au point. Cet outil se nomme Gapminder.
Et bien, il est là désormais, en face de nous, en train de nous refaire le coup. Et c'est passionnant. Il nous présente tout une série de statistiques sur l'évolution de la santé dans le monde, de l'espérance de vie, etc.
Raconter de belles histoires pour faire passer son message
Son idée : nous présenter tout cela de manière didactique, au travers d'images animées, d'historiques mis en scène... Les données prennent vie et se mettent en place sous nos yeux, évoluent sur l'écran, pendant qu'Hans Roslings nous raconte sa belle histoire.
Et on comprend ainsi comment se positionne les pays les plus populaires de la planète face aux nouveaux pollueurs, comment la production de CO2 par habitant à évolué au cours des décennies, par pays et en fonction du PIB, etc. Et tout ce qui est complexe le parait un peu moins en l'écoutant.
Finalement, on se rend compte que sur un sujet qui ne nous semblait pas passionnant a priori, on peut se laisser capter par une histoire et des images... Il est vrai que la passion que met son auteur dans son discours y est sans doute pour beaucoup : le secret d'une belle histoire ne peut se limiter à des données croisées dans tous les sens et à un outil étonnant. L'orateur reste essentiel.
Et Hans Roslings de terminer :
"Nous devons produire de belles histoires, car c'est le seul moyen pour que le monde puisse comprendre l'inconnu, pour que le monde puisse réussir à se comprendre dans sa diversité".
Ainsi, selon lui, la France a plus besoin du monde que le monde a besoin de la France. Une idée intéressante pour mieux appréhender la globalisation.

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