Les plus grandes découvertes sont parfois le fruit du hasard. Qui sait, sans le piquant de la providence, les antibiotiques n'auraient peut-être jamais été inventés, et l'Amérique serait encore une contrée inexplorée.
Mon épopée de ce dimanche fût moins grandiose que ces grandes découvertes, mais elle illustre à sa manière ce raisonnement. Suivant les conseils de quelques influenceurs de mon entourage, je me rendais à la rétrospective du peintre japonais Hokusai au musée Guimet. Mais je fus victime du succès de l'exposition, qui était déjà complète. J'eu beau insister, protester, rien à faire, le musée implacable me ferma sa porte au nez.
Je m'apprêtais donc à rentrer chez moi le coeur lourd de déception lorsque j'aperçus dans le métro une affiche de l'exposition Peter Doig au musée d'Art Moderne, à deux pas du Guimet. L'affiche, pour le moins laconique, n'était composée que du nom du peintre, dont j'ignorais tout, et du détail d'une toile, représentant un homme assis dans une longue barque orange. Pourtant, je rebroussais chemin, poussée par la curiosité.